CIRCULATION DANS LE BAL
1. on ne dépasse jamais par la droite, , mais par la gauche.
Ceci étant valable dans le couloir de danse extérieur (bord de la piste). En effet, la tête du danseur est normalement
orientée vers sa gauche. Il ne pourrait voir un couple passant à sa droite, dans sa zone aveugle. Si cela arrive (et cela arrive souvent…) c’est la danseuse qui doit être attentive et, par une
pression sur l’épaule du danseur, lui indiquer l’obstacle.
2. jamais dépasser dans le 2ème
couloir.
Je présume que l’idée vient de la conception générale des couloirs, larges de deux pas. Dans une salle de grandeur moyenne, un
dépassement dans le deuxième couloir induit un grand risque d’accident avec les danseurs qui circulent de l’autre côté et également avec les danseurs qui choisissent de danser à l’intérieur pour
certaines raisons. Si on ne parle ici que de danseurs expérimentés, dans la tradition, beaucoup d’excellents danseurs exécutaient des figures dans le centre de la piste, et cela se fait beaucoup
de nos jours. Par ailleurs, certains milongueros réputés dansaient lentement, en style apilado, dans le centre de la piste. Par exemple, c’est ce que faisait Carlos Gavito. Dans certaines
milongas où les meilleurs danseurs de Buenos Aires se retrouvent (il y a un code pour cela aussi..) les touristes égarés se retrouvent poussés au centre de la piste, qui devient le repère des
débutants. Néanmoins, même si l’esprit du tango est paradoxal, il y a quand même une base de respect de l’autre qui doit primer. Il est donc très mal venu aussi bien de faire le rouleau
compresseur que de stigmatiser les débutants (lesquels ne peuvent techniquement pas, en pratique, respecter toujours les règles, quoiqu’on dise…)
3. garder une distance de'1.50m entre chaque couple.
Il s’agit d’une règle idéale, qui suppose un environnement idéal. C’est une règle qu’il est facile de respecter au Club
Sunderland (Villa Urquiza à l’Est de Buenos Aires) où il y a bcp de place. C’est une règle impossible à appliquer au centre de Buenos Aires, par exemple. La véritable règle logique est plutôt de
garder 2 pas de distance, de façon à ce que des directions convergentes ne conduisent pas à des accidents. Naturellement, c’est la grandeur des pas qui compte alors. On dit qu’un couple de bons
danseurs peut exécuter une pas de base, danser et exprimer la musique sur une surface équivalente à une bouche d’égout. Cela suppose naturellement des très petits pas et la maîtrise des
directions circulaires.
Le minimum est d’éviter les grands pas en arrière, contre le sens de la danse, quand on ne maîtrise pas l’espace.
4. pour faire des figures, s'il y a trop de monde, les
faire dans les coins, et si on cogne quelqu'un, s'excuser. ou si pas possible juste marcher, marcher, c'est aussi cela
danser.
Les coins sont en effet parfait pour les figures circulaires. Attention aux dépassements lorsqu’on repart.
Pour en revenir aux bases, le tango est simplement une certaine façon de marcher (Borgès). Les viejos pensaient naturellement
que tout était dans la marche, et qui si on savait marcher, on pouvait tout faire. Toutefois, extrêmement peu de danseurs maîtrisent la marche. La marche est ce qu’il y a de plus difficile, non
seulement parce que c’est la poésie pure du tango, mais parce qu’il y a une question de coordination avec un partenaire qui, par définition, marche différemment.
De plus, marcher signifie en général avancer. Or il est rare de pouvoir avancer de cette façon dans une milonga.
5. pas de conversations sur la piste.
On ne danse normalement pas les 8 premiers temps du morceau pour pouvoir placer une petite conversation… Bien entendu, se
placer sur la piste pour discuter relève d’un moment d’égarement.
6. une femme a le droit de refuser une danse, si la personne ne lui
plaît pas, mais lui dire qu'elle à mal aux pieds, ou qu'elle se repose un instant. Elle peut aussi inviter un homme,
mais jamais à buenos aire, on se fait jeter dehors.
Bien entendu. Refuser une danse peut néanmoins être assez mal perçu. Spécialement si la personne concernée vous voit ensuite
danser avec quelqu’un d’autre : l’excuse paraît alors cynique. Chicho, dans une interview que j’avais mise sur mon blog, disait avoir été traumatisé par un refus d’une danseuse. Si une
danseuse refuse une danse sans connaître le danseur, par caprice ou parce que la tête du danseur ne lui revient pas, elle ne sera sans doute plus jamais invitée par cette personne. Dans certains
cas, refuser une danser à quelqu’un se justifie par un inconvénient objectif (blessure, etc) ou parce qu’il s’agit vraiment de danser comme dans une milonga traditionnelle. La milonga
traditionnelle a deux faces : a) il s’agit d’un endroit où les amis se retrouvent, éventuellement en famille. On invite généralement pas une femme venue en couple, ou une jeune fille sans
demander l’autorisation à la maman.
b) la milonga peut aussi être un « lieu de culte ». Une profonde connexion signifie là une grande intimité, une
rencontre un peu alchimique, la fusion des cœurs et des âmes… On ne fait pas cela avec n’importe qui, à moins de sombrer dans la promiscuité. Il ne faut néanmoins pas perdre de vue que cela
n’arrive pratiquement jamais sous nos latitudes. Du point de vue traditionnel, nos milongas n’en sont pas. Elles y tendent, bien sûr, mais c’est difficile. (Pablo Veron, qui exagérait, disait
dernièrement que si les choses continuaient comme cela, il n’y aurait bientôt plus un seul danseur de tango.)
Les femmes invitent assez souvent. Traditionnellement, c’est par le regard que la femme invite. Soutenir le regard peut alors
poser problème ou le fait qu’on soit myope… Dans le cas d’une débutante qui irait agressivement inviter les bons danseurs dans une milonga traditionnelle de Buenos Aires, je pense que les
organisateurs lui diraient de cesser ou de partir.
Il ne faut cependant pas exagérer : dans beaucoup de milongas du centre, la quantité de monde est telle sur un espace
restreint que personne ne sait ce qui se passe.
Site de nice tango(www.verynicetango.com)
1- Sens de
circulation dans la milonga
Il existe un sens de circulation dans le bal (identique à la circulation automobile autour d'un rond point…). On se déplace sur une piste dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.
Ceci implique de ne pas reculer sur une piste de danse et d'être ainsi à contre-courant. Il est quand même possible de reculer, mais seulement après s'être assuré au préalable qu'il n'y a pas
risque de collision avec un autre couple.
2- fluidité dans la milonga
On ne doit pas créer de bouchons, s'arrêter sur la piste pour discuter ou faire des figures. La circulation autour de la piste doit être fluide.
Si l'on désire faire une figure statique, celle-ci doit être faite dans un coin de la piste ou au milieu, ensuite on revient dans la file.
Dès que le couple qui vous précède s'est déplacé et a libéré l'espace, il faut occuper cet espace.
Ne pas faire de figures dangereuses par respect pour les autres couples, marcher en rythme le plus possible.
Le respect de ces règles dans la milonga est primordial.
Blog de méphisto tango (tous les articles suivants. Vous pouvez les consulter sur mephisto-tango) :
PRINCIPE DE BASE POUR LES BALS, PRATIQUES ET COURS
Le principe de base, incontestablement, est le respect d’autrui. Cela
fait partie de la bonne éducation, dès l’enfance. Bonne humeur, savoir-vivre, politesse et gentillesse devraient être les maîtres mots, toujours présents à l’esprit des participants, et ce, à
n’importe quel moment. Même si en cours, un pas ou une figure n’a pas été bien comprise, et que l’on pense que le responsable c’est le (ou la) partenaire. Même si en bal, on se fait bousculer
sévèrement, ou encore marcher sur les pieds. Et, pour les enseignants, même s’ils se font critiquer, dénigrer, ou contredire lors des cours ou ailleurs. Nous vivons tous dans la communauté du
Tango, et il est nécessaire de garder en soi, sang-froid et cordialité sous peine de dérives nocives.
Voyons, en détails, les bons réflexes à avoir :
1 °) SUR LA PISTE
Sens de la circulation
Le sens de circulation sur la piste est le sens inverse des aiguilles d’une montre. Et, comme dans la circulation
automobile, il existe plusieurs couloirs de circulation, de l’extérieur, à l’intérieur. Plus la piste est grande en diamètre, plus il y aura de couloirs. A l’intérieur sont les danseurs plus
lents ou inexpérimentés, et au centre ceux qui voudront danser des figures statiques. Au couloir le plus extérieur sont les danseurs expérimentés qui se meuvent le plus rapidement tout en
maitrisant parfaitement leurs mouvements et l’espace. Plus il y a de monde sur la piste, et donc un espace restreint, plus les pas sont petits et l’abrazo fermé pour ne pas risquer de heurter le
couple à côté.
Comment pouvons-nous savoir dans quel couloir nous pouvons circuler
?
Tout étant relatif (fonction des danseurs et danseuses présents, fonction de l’heure), il convient de regarder un moment
comment le bal circule et évolue au moment où nous arrivons. De cette façon on s’imprègne de l’ambiance du bal pour ne pas être comme « un chien dans un jeu de quilles ».
Le bal, idéalement, doit être fluide et doit bien tourner. Ce qui veut
dire que l’on ne doit pas s’arrêter sur place et ainsi créer de bouchon derrière soi. Ne pas changer de couloir, sauf nécessité absolue. L’espace doit être géré constamment par les danseurs.
Prendre la place du couple devant qui vous l’a laissée. Ne pas doubler, sauf nécessité absolue. Si l’on doit doubler, doubler sur la gauche. Rester maître de sa vitesse, être capable de s’arrêter
en cas de danger, de changer de direction rapidement. Etre capable de modifier dans l’instant ce que l’on avait l’intention de faire. Ne pas parler pour expliquer un pas, en pleine danse. Au
contraire, rester concentré sur la musique, sur l’espace disponible, sur le guidage de la partenaire. Tout gérer : même l’imprévu. Improviser à chaque instant.
En cas de heurts
Malheureusement, malgré toutes ces précautions, il arrive que des chocs aient lieu. Plus l’espace est restreint, plus le
risque de heurts est grand.
Quels sont les possibilités de chocs ?
- Quand la vitesse d’un couple n’est pas maitrisée, par rapport à la vitesse de tous les danseurs du couloir :
a) Vitesse trop lente (ou arrêt) et le couple derrière risque de heurter celui qui va trop lentement (ou qui s’est arrêté), s’il ne l’a pas vu à temps
b) vitesse trop rapide et c’est ce même couple qui risque de heurter le couple devant s’il ne l’a pas vu à temps.
- Quand un homme décide de reculer sans avoir vu évoluer le couple
derrière lui, dans le même couloir,
- Quand deux couples de deux couloirs différents mais qui se jouxtent,
décident au même moment, par hasard, de faire un pas latéral l’un à la rencontre de l’autre,
- Quand les boleos ou ganchos de la femme ne sont pas maitrisés en
fonction de l’espace disponible alentour. Les femmes doivent apprécier par elles-mêmes si elles peuvent, ou non, effectuer en toute sécurité de telles figures.
- Quand les coudes des danseurs / danseuses sont trop hauts, ou à
l’extérieur du cercle du couple dansant. De tels coudes font des ravages et peuvent faucher littéralement les visages ou les nuques des couples d’à côté (c’est du vécu !).
Dans tous les cas de chocs :
S’excuser auprès de celui ou celle que l’on a heurté fait partie de la bonne éducation. Cela montre que l’on respecte
celui ou celle que l’on a heurté, même si l’on n’est pas responsable de l’erreur. Ne pas reprocher au partenaire la responsabilité du heurt.
Surtout ne pas penser que, puisqu’on n’est pas responsable du choc, on n’a pas à s’excuser. L’autre danseur en face peut aussi penser la même chose. L’humilité fait aussi partie du savoir vivre.
On ne s’approprie pas la piste de danse comme on s’approprie un objet que l’on achète.
Si les excuses ne suivent pas un heurt, il est fort à parier qu’un
jugement négatif sur la personne ou à plus forte raison sur la milonga elle-même, risque d’être fait, à tort ou à raison. De plus, des excuses contribuent à la bonne ambiance d’une milonga. Ne
pas oublier qu’une milonga est un endroit convivial, ou on prend du plaisir à se retrouver et à danser ensemble, et même à danser avec des inconnus(es).
Les invitations : ne pas oublier le caractère profondément social
de la milonga (bal)
C’est le (la) responsable de la milonga qui en définit son
fonctionnement, en accord avec le DJ. Il n’empêche que les participants à cette milonga doivent à l’organisateur, de se conformer aux us et coutumes.
Habituellement, la programmation effectuée par le DJ est structurée en Tandas et Cortinas. Les Tandas sont représentés par 3 ou 4 morceaux de même style. Chaque Tanda est séparée par une Cortina,
morceau de musique ne pouvant être confondue avec la Tanda.
Sur la Cortina, les danseurs regagnent leur table, ou simplement quittent
la piste, pour permettre à d’autres danseurs d’y venir, ou bien permettre d’autres invitations avec d’autres partenaires.
Il est bien vu de changer de partenaires plusieurs fois dans la soirée,
préservant en cela le côté convivial, social et populaire de la milonga. Le fait de danser uniquement toute la soirée avec le ou la même partenaire et se l’accaparer, (c’est paradoxalement assez
bien toléré), ne permet pas d’échanger et de partager, ce qui est normalement le propre du bal. A Paris, le fait de danser avec un (e) seul (e) partenaire, même si c’est toléré, est considéré
comme élitiste et comme anti-social, voire snob et égocentrique. Sans compter que ces personnes se privent de rencontres (dansées) intéressantes, potentiellement ! Le danseur qui savoure la
milonga dans laquelle il est, prendra le temps d’attendre la musique qu’il aime vraiment avant d’inviter la femme qui lui semble la plus proche de ses aspirations, donnant ainsi toutes les
chances d’une très forte entente dansée entre les deux partenaires. Dans l’intervalle, il peut discuter avec d’autres participants, aller au bar, ou simplement écouter la
musique.
Normalement on ne change pas de partenaire durant la Tanda. La bienséance
veut qu’on fasse au moins 2 Tangos (ou valses, ou milongas) avec le (la) même partenaire, mais il est mieux de faire toute la durée de la Tanda soit 3 ou 4 morceaux. Le seul cas à mon sens, où
une femme peut planter son partenaire en plein milieu d’un Tango est celui qui relève de la brutalité avérée, de gestes que la morale réprouve, ou bien d’une non- maitrise de ses sentiments
intimes et personnels !
A Buenos-Aires, et maintenant à Paris, peut-être aussi en Province, il
est de bon ton de discuter un peu avec son (sa) partenaire avant de recommencer à danser entre deux Tangos, alors que la musique a repris.
Raccompagner la dame à sa table est « tip top » !
Ne pas promettre des invitations faites à tort et à travers sans passer à
la pratique effectivement. Inversement, ne pas oublier les invitations acceptées. Rester très poli (e) et souriant (e) même si l’on doit refuser une invitation, il en est de même pour celui ou
celle qui invite et qui se voit refuser.
De façon générale, les invitations se font le plus cordialement possible,
peut importe la façon dont on s’y prend : par le regard, par le fameux « cabeceo », ou plus classiquement en France, en parlant directement avec le ou la partenaire potentiel(le).
Mesdames et messieurs, si vous mourrez d’envie d’inviter un (une) professionnel(le) dans une milonga, soyez conscient(e)que vous aurez entre les mains une « Ferrari » !
2°) DANS LES COURS
Le sens de circulation est le même que sur une piste : dans le sens inverse des aiguilles de montre. En cas de heurts,
le même comportement de respect et de politesse est à rechercher (voir 1° ci-dessus).
Si vous avez un ou une partenaire attitré(e), n’oubliez pas de prévenir
en cas d’impossibilité de vous rendre au cours.
Arriver à l’heure, même si le prof ne l’est pas…….toujours ! « La ponctualité est la politesse des rois ! »
Si le cours n’est pas terminé quand vous arrivez, patientez sans faire
trop de bruit pour ne pas gêner la fin du cours.
Un élève vient aux cours pour apprendre. Sens de l’observation, écoute des explications sont nécessaires. En d’autres termes il faut de l’attention, en conséquence éviter de parler au voisin
pendant les explications du professeur.
Si un professeur vient vous voir en particulier, pour vous donner une
explication ou faire une correction de votre pas, alors que vous répétiez un pas ou une figure avec votre partenaire, ne vous sentez pas obligé(e) de l’envoyer promener par agacement. Faites lui
confiance, ce qu’il ou elle a vu n’est pas forcément faux !
Eviter d’ « engueuler » son ou sa partenaire, cela n’arrange rien au
contraire. Demandez-lui gentiment ce que vous voudriez. Si vraiment vous êtes très énervé(e), changer de partenaire puis revenez ensuite, cette interruption a permis de faire tomber la pression.
Patience et indulgence !
De toute façon il est mieux de changer de partenaire de temps en temps,
pour ne pas « faire du par cœur » avec le (la) même partenaire.
L’apprentissage est long et difficile pour tout le monde, du débutant à
l’expérimenté. Ne pas se prendre pour des stars, même pour les élèves qui sont très brillants ou qui ont des tas d’années de Tango derrière. On trouve toujours meilleur que soi. Des
professionnels de très haut niveau n’hésitent pas à aller prendre des cours chez d’autres, alors…….On apprend jusqu’à la fin de sa vie.
Et enfin, respecter le plus possible les niveaux annoncés pour les cours
et les stages.
Depuis des années et des années que je fréquente les milongas, je me suis
toujours posée la question de savoir pourquoi, (moi qui ne refuse jamais de danser, même avec des inconnus) certaines très bonnes danseuses de haut niveau en Tango argentin, refusent très souvent
de danser avec des hommes inconnus (ou presque) qui les invitent.
Vous allez me répondre, si vous êtes dans ce cas de figure mesdames : «
c’est notre droit de refuser l’invitation ». Certes, c’est votre droit. Mais pourquoi refusez-vous, si vous n’êtes pas malade, ou si vous n’avez pas mal aux pieds, ou si vous n’êtes pas fatiguée,
de danser avec un homme qui vous invite ? N’êtes-vous pas là pour danser ? Avez-vous peur de vous ennuyer dans ses bras, si cet homme n’est pas un suffisamment bon danseur à votre goût ?
Avez-vous peur d’être brutalisée ? N’avez-vous pas confiance en vous ? Ou à l’inverse, êtes-vous définitivement snob et prétentieuse, au point de juger que votre niveau est tellement élevé que
seuls les tout meilleurs danseurs de Paris trouvent grâce à vos yeux ? Recherchez-vous le Prince Charmant, et tant que celui-ci ne vous a pas invitée, vous refusez toutes les invitations, de peur
de louper celle qui vous ferait chavirer de plaisir ? Attendez-vous votre tour patiemment, pour qu’un super danseur vous invite ? Pensez-vous que de danser avec un homme de niveau inférieur au
vôtre, abimerait votre style ? Ou bien voulez-vous uniquement vous, inviter vous-mêmes les hommes de votre choix ?
J’ai vu très récemment un jeune homme se faire « jeter » très
cavalièrement par une jeune femme, alors que ce jeune homme, au demeurant très bon danseur, au physique agréable, bien élevé, gentil et attentionné, possédant un abrazo excellent, invitait
poliment une jeune danseuse de très haut niveau. Quelle mouche a piqué cette femme pour refuser ? J’étais très gênée pour elle et à la limite j’avais honte pour elle. Elle était seule et il n’y
avait pas, apparemment, de possibilité de jalousie de la part d’un conjoint éventuel. Si cette femme était de mauvaise humeur, c’était le bon moyen de prendre la vie du bon côté en dansant,
sûrement très bien avec lui.
Une milonga est un lieu d’échange, de partage, c’est un lieu social où
tous les milieux se rencontrent grâce à la danse. C’est un milieu où hommes et femmes se rencontrent. L’apprentissage dans le Tango argentin ne s’arrête jamais car tout le monde, sans exception,
a appris à danser, apprend encore et apprendra toujours car les possibilités dans le Tango sont infinies. Danser dans les milongas apporte beaucoup, danseurs doués comme danseurs peu doués.
Danseuses douées comme danseuse peu douées. Alors pourquoi ne pas jouer le jeu mesdames, alors qu’en France maintenant nous voyons de plus en plus les dames inviter elles-mêmes les danseurs, et
que ceux-ci acceptent les invitations de plus en plus facilement ?
Si maintenant nous pouvons remercier les hommes d’accepter les
invitations, nous les femmes, ne nous laissons pas entrainer dans cette mauvaise voie qui est de refuser de danser pour des raisons obscures. Les hommes ne méritent certainement pas
cela.
Ce week-end je suis allée à l’Université d’été organisée par le Temps du
Tango, et j’ai pu participer en tant qu’auditeur libre, à la conférence – table ronde : « La dimension sexuée du Tango » animée par le bien connu Christophe Apprill (danseur, sociologue,
écrivain…), accompagné par les non moins connus Rémy Hess et Catherine Berbessou, entre autres. Cette conférence a fait la part belle aux rôles homme / femme dans le Tango, ce que cela représente
en psychologie, et, de façon très générale ce que représente le Tango, danse inégalitaire, dans les comportements humains, entre hommes et femmes.
L’objet de ce blog n’est pas tant de faire un compte-rendu narratif de ce
qui s’est dit lors de cette conférence (du reste, bien appréciée par l’auditoire), mais plutôt de faire référence à un commentaire exprimé par une auditrice à la fin, commentaire dont l’esprit
est le suivant : « vous n’avez pas parlé du fait que certaines femmes ne se font pas inviter dans les milongas alors que des hommes restent assis, ou bien que ceux-ci invitent d’abord des femmes
jeunes et jolies ».
Personnellement j’ai beaucoup réfléchi à ce fait qui est tout à fait
réel. Dans beaucoup de milongas où les femmes sont majoritaires en nombre, il est effectivement regrettable de constater que certaines dansent peu et se font peu inviter, ou bien ne dansent pas
du tout. Imaginez cela : des femmes se préparent à sortir, se font belles, s’habillent bien, se coiffent, se maquillent, apportent leurs plus belles chaussures pour danser (quelque part c’est une
fête, non ?) et elles ne se font pas inviter du tout. Certaines alors demandent aux hommes qu’elles connaissent : « tu me fais danser ? », dans ce cas cela peut marcher, mais qu’en est-il des
femmes qui ne connaissent personne ou qui n’invitent pas les hommes ? Pour elles, ce peut être dramatique. Dans la majorité des cas, surtout si cette histoire se reproduit trop souvent, ces
femmes deviennent des frustrées chroniques, des aigries du Tango et des danseurs. Dans le pire des cas, elles en arrivent à être agressives et très désagréables, non seulement vis-à-vis des
hommes, mais de toute la communauté tanguera en général y compris les femmes. Comme évidemment les hommes ressentent ces choses chez ces femmes, il s’ensuit un cercle vicieux, les hommes n’ayant
absolument pas envie (et on les comprend) d’inviter une femme pas aimable. La recherche du plaisir, la rencontre entre un homme et une femme lors de la danse ne peut jamais se faire dans de
telles conditions.
Comprendre que danser le Tango n’est pas un dû absolu et constant, c’est
faire un grand pas dans la compréhension du « juste » comportement pour les femmes sans partenaire, dans les milongas. Cela peut être une chance, et quand on a cette chance, on a gagné sa soirée.
Inversement on peut ne pas avoir de chance, et on devrait accepter de ne pas avoir de chance ce soir-là.
Lors de la conférence il a été dit plusieurs mots clés. Je les cite :
tendresse, bienveillance, engagement, séduction, faire plaisir, culture de l’ « embrassé », plaisir, intimité, écoute mutuelle, détente, désir, oser se toucher, effervescence pulsionnelle …
Comment peut-on ressentir de tels sentiments si on est frustrée, énervée, agressive ? C’est impossible.
Ne pas faire tapisserie dans les milongas, c’est comme dans la vie, c’est
d’abord et avant tout être souriante, décontractée, aimable, charmante. Ne pas faire tapisserie dans les milongas c’est aussi, bien sûr, avoir appris à danser. La débutante jeune et jolie se fera
inviter certes, mais ce ne sera pas pour la danse … à moins qu’elle ne soit très douée spontanément ! Si l’on est moins jeune et moins jolie, autant apprendre de mieux en mieux…. Ce sera un point
positif, pour ne pas que les hommes subissent sans plaisir une danse avec une femme qui ne suit pas, qui anticipe où qui n’est pas relâchée…
La frustration et l’agressivité n’apportent rien, bien au contraire, cela
se voit et se ressent. Le plus raisonnable est de faire contre fortune bon cœur quand on n’est pas invitée dans une milonga. Se dire que la prochaine fois ce sera mieux. Chercher des sujets
d’intérêt dans une milonga où on n’est pas invitée, où on ne connait personne, est toujours possible. Regarder les gens qui dansent, rechercher ceux ou celles qui dansent le mieux pour s’en
imprégner, s’intéresser à leur technique, leur façon de se déplacer, leur connexion mutuelle…On apprend aussi en regardant. Peut-être y a t’il des démonstrations de prévues ? Un orchestre ?
Ecouter la musique, chercher à lier conversation avec son voisin ou sa voisine de table….Et si vraiment rien ne va, l’accepter et partir sans regret et sans rancune. Il n’y a pas de honte à
partir à 23h30 alors qu’on est arrivée à 21h30 !
A mon sens, la pire des choses est de penser que, puisque l’on est dans
une milonga et que l’on a payé son entrée, il faut danser absolument. Si des femmes seules arrivant sans partenaire et sans connaitre personne, pensent, a priori, qu’elles vont danser à coup sûr
et qu’elles vont se faire inviter, il y a de grandes chances pour que cela ne marche pas immédiatement. Il faut du temps, il faut se faire connaitre et reconnaitre, et cela peut prendre des mois
et des mois !
Le secret est d’aller dans une milonga sans a priori, être disponible,
libre de pensée, neuve. Se dire que si l’on se fait inviter, c’est bien, si l’on ne se fait pas inviter c’est tant pis, mais c’est la règle du jeu. Jeu terrible, mais il faut en accepter les
règles. On ne peut pas contraindre les hommes à danser, de même qu’on ne peut pas obliger des femmes à danser si elles n’en ont pas envie.